Kivlov a écrit :c'est bien la première fois que je vois quelqu'un fabriquer son propre filtre à air

est-ce que ce n'est pas risqué ? niveau réglage carburation, aucun changement après ces modifications ?
C'est aussi les questions que je me pose. J'imagine que le but est de réduire la quantité d'air admise, afin de réduire l'appel d'air qui, dans un carburateur, engendre l'aspiration de l'essence. Moins d'air au départ -> moins d'essence à l'arrivée. Sans changer les autres réglages, on risquerait logiquement d'obtenir un mélange trop riche. C'est ici qu'intervient, toujours d'après mes suppositions, l'intérêt d'une accélération du flux d'air, obtenue au moyen du vortex, qui crée une petite tornade dans le système. La forme conique de l'admission est déjà là pour accélérer l'air (ce que les ingénieurs appellent "effet Venturi"). Ici, on aurait un effet à la fois accélérateur et tournant, qui devrait logiquement accélérer aussi la confection du mélange : c'est ce qu'on fait dans une tasse pour faire fondre le sucre, un vortex qui accélère le mélange (pour ma part je prendrai mon café sans sucre, merci).
La logique de la modif' filtre+vortex me semble donc être d'admettre moins d'air (doublement de la membrane filtrant l'air) tout en accélérant ce flux d'air réduit, pour ne pas abaisser le rendement .
Maintenant, savoir si ça marche vraiment... Je conserve quelques doutes. Dans le parcours urbain, j'ai noté en regardant la vidéo que notre camarade restait à un régime moteur extrêmement bas. Du reste, j'admire beaucoup son coup de poignet subtil, car il ne fait pas du tout "cogner" le moteur à ces bas régimes, tout en passant ses vitesses à moins de 2500 tours/minute, m'a-t-il semblé. En conduisant ainsi, il n'y a rien d’étonnant à passer de sept à six litres aux cent, ou même moins, avec ou sans innovations géniales dans le circuit d'admission d'air. Les chauffeurs de taxi parisiens ne font pas autrement pour espacer leurs passages à la pompe : ils réduisent le régime de croisière, accélérer entre deux feux rouges ne faisant pas gagner de temps, de toutes façons.
Même si il était démontré par de savants calculs d'ingénieurs que le vortex ne peut pas produire une telle amélioration du rendement, les utilisateurs de ce dispositif pourraient être sincèrement persuadés que ça marche, et même ils pourraient en faire la démonstration : comme une des variables essentielles pour la consommation de carburant est la manière de conduire, il me semble tout à fait possible que, consciemment ou non, un pilote-mécanicien qui croit au système qu'il a fièrement installé (qu'il l'ait bricolé lui-même ou acheté à prix d'or) aura tendance à faire en sorte que l'expérience soit concluante. Et inversement, ceux qui n'y croient pas démontreront que ça ne marche pas, ne serait-ce que parce qu'ils se persuaderont qu'ainsi modifié, décidément "ça ne tire pas"... et mettront par conséquent la poignée dans le coin, ce qui augmentera la consommation...
C'est la même chose que l'effet placebo : si on vous refile un verre d'eau claire en vous jurant qu'il y a de l'aspirine dedans, il peut arriver assez souvent que votre rage de dents se calme "grâce" à ce verre d'eau, ou que vous en soyez au moins persuadé, car la douleur aussi est affaire de sensibilité individuelle et plus ou moins variable selon les circonstances. Une conversation agréable avec une infirmière charmante peut aussi avoir des effets apaisants sur une douleur tenace... ne serait-ce qu'en détournant quelques instants l'attention du patient de sa souffrance.
Tous les miracles sont un effet de la psychologie, même et surtout pour ceux qui y croient.
Cela dit, il est vrai aussi que les grands inventeurs ont toujours eu à affronter l'incrédulité de leurs contemporains. Je me garderai donc de trancher la question : je ne voudrais surtout pas décourager l'innovation, ni prendre des risques inutiles en transposant aveuglément n'importe quel exemple, même quand on m'a "démontré" que "ça marche".